Et si nous mangions des insectes ?

et si nous mangions des insectesJe vous vois venir, l’air dégoûté. Vous vous dîtes sûrement « Elle marche sur la tête ?? ». Non. Je vous rassure tout va bien. L’idée de cet article est venue en regardant l’émission Télématin sur France 2, et vous pouvez me croire, le contenu était particulièrement intéressant.

Je sens que la plupart des gens vont se tirer les cheveux à la lecture de cet article. D’ailleurs, j’en ai sacrifié quelques uns lorsque j’ai entendu le sujet du reportage. Nos amis mexicains (puisqu’ils étaient au cœur du reportage) ont d’ailleurs compris cela depuis bien longtemps. Et puisque nous serons, sans doute, amenés à consommer des insectes dans les années à venir alors autant essayer d’en comprendre les bénéfices dès maintenant (histoire de se mettre en appétit…).

Un impact écologique minimisé 

C’est le point qui m’intéresse le plus dans cette démarche. Quand on sait que la production de viande et de ses alternatives végétariennes (le soja entre autre) est extrêmement énergivore, on se dit que finalement, manger des insectes, ce n’est pas si bête et au contraire, pourrait faire du bien à notre chère planète. On sait que les élevages traditionnels et la production de viande contribuent fortement au réchauffement climatique. Ce que l’on sait moins, en revanche, c’est que lorsqu’on décide de devenir végétarien et de consommer des alternatives non locales, il y a encore un impact environnemental assez conséquent. A savoir, une grande partie du soja disponible en France provient du Brésil. En 2014, cette production avait augmenté de 40% dans ce pays par rapport aux six années précédentes et est devenue la première culture brésilienne. En plus de l’utilisation de pesticides polluant les eaux, les sols et notre santé, la demande en matière de soja toujours plus importante requiert des terrains supplémentaires engendrant ainsi la déforestation d’une partie de la forêt amazonienne et des habitats naturels de nombreuses espèces sauvages.

D’après le site Mangeons des insectes, le cochon produit 8 à 12 fois plus d’ammoniac que les criquets, et jusqu’à 50 fois plus que les sauterelles. Et afin d’en rajouter une couche, voici un graphique comparatif très parlant :

et si nous mangions des insectes

A lire : Culture du soja : quel impact sur l’environnement ? 

Les insectes : un apport en protéines conséquent

Toujours d’après le site Mangeons des insectes, l’apport en protéine est nettement supérieur que les végétaux, viandes et œufs que l’on peut trouver dans le commerce. Et outre, cet apport riche, il semblerait (tenez-vous bien) qu’il serait plus sain pour l’Homme de manger des insectes plutôt que de la viande. L’explication est toute simple. Dans l’arbre de l’évolution, l’animal est bien plus proche de l’Homme que l’insecte. Ainsi, le nombre de maladies potentiellement transmissibles est très limité en consommant des insectes. Pour illustrer ce point, nous pouvons prendre l’exemple des grippes aviaires et porcines qui ont été de grosses sources d’inquiétudes lors de la dernière décennie.

Des vertus médicinales

En Asie et en Amérique latine, les insectes sont également utilisés pour soulager certains maux. Et ce, depuis déjà bien longtemps. Dans le cas de la culture Maya, par exemple, les insectes permettaient de lutter, entre autre, contre les troubles digestifs, respiratoires, circulatoires et nerveux. En médecine chinoise, on emploie la peau de mue des cigales dans le but de soigner le tétanos, la rougeole ou encore les maux de gorge.

A lire : 14 animaux et insectes utilisés en médecine chinoise.

Les insectes : un produit de luxe

Si chez nous, cela nous semble rudimentaire de manger des insectes, sachez que ce n’est pas le cas ailleurs. En effet, les insectes peuvent être parfois des mets de luxe. Au Mexique, notamment, le kilo de caviar de fourmis atteint la coquette somme de 145€. Certains restaurants locaux proposent d’ailleurs quelques spécialités, c’est une vraie attraction touristique. Si vous souhaitez vous offrir un petit kilo de blanc vers de Maguey, vous devrez débourser près de 748 €.

A lire :  Pourquoi manger des insectes ?
                La consommation d’insectes comestibles au Mexique.

Je ne pensais pas faire un article sur ce sujet-là un jour mais la dimension écologique est très intéressante. Alors effectivement, cela ne conviendra pas aux véganes et végétariens, et le possible élevage d’insectes aura sûrement aussi de tristes conséquences sur la condition de ces êtres-vivants. N’empêche que, malgré tous les atouts que représente cette nouvelle alimentation, je ne me sens pas encore prête psychologiquement à franchir le pas. Qu’en est-il pour vous ?

Crédits photos : Soon, soon, soon.

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8 Comments

  • Vickie 30 janvier 2017 at 10 h 18 min

    Ça peut être intéressant, mais après en devenant végétarienne ou vegan il faut aussi voir la dimension du local (par rapport au soja). En tout cas je ne suis pas sur le chemin pour manger des insectes! ^^

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    • Happy Swallow
      Happy Swallow 30 janvier 2017 at 18 h 27 min

      Coucou,

      Selon moi, la dimension locale devrait être primordiale (même pour les personnes consommant de la viande).
      Concernant le soja, il existe heureusement des exploitations chez nous mais cela ne semble pas être la majorité. Il existe aussi des alternatives au soja, notamment à base de légumineuses pour les personnes qui n’aiment pas le soja 🙂

      Merci pour ton commentaire en tout cas

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  • line 30 janvier 2017 at 10 h 47 min

    Je suis de Besançon et j’ai rencontré une fois un éleveur d’insectes. Comment dire… quelqu’un qui vivait de sa ferme d’insectes ! Au départ, il fournissait principalement le zoo de la citadelle mais progressivement, il s’est mis à faire des terrines, de sortes de « gâteaux apéro » pour ses amis. Je crois qu’il attend qu’il ait le droit de les commercialiser en France pour se lancer ! Les insectes sont l’avenir !
    Pour en avoir grignoté en Asie, je suis partante !
    http://la-parenthese-psy.com/

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    • Happy Swallow
      Happy Swallow 31 janvier 2017 at 19 h 21 min

      Coucou !

      Merci pour ton commentaire 🙂
      A priori, la commercialisation d’insectes devrait bientôt voir le jour. Si la consommation d’insectes semble bénéfique, j’avoue ne pas encore être totalement prête à me lancer dans cette aventure gustative. Mais cela reste culturel, à mon avis.
      Néanmoins, toutes les personnes de mon entourage ayant goûté aux insectes ont été unanimes : c’est bon.

      Bises !

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  • Gwen 30 janvier 2017 at 15 h 42 min

    J’imagine que tu te doutes de ma réponse… C’est non pour moi étant donné que j’inclus les insectes dans mon cercle de compassion.
    Je ne suis pas d’accord non plus pour le soja. Celui qui sert aux produits végé vient de France ou d’Italie. L’énorme quantité de soja importé du Brésil sert à nourrir le bétail (une vache consomme beaucoup plus de kilos de végétaux qu’un être humain). Et si les insectes sont plus riches en protéines que les végétaux, il va falloir faire attention à ne pas trop en manger alors, car étant végane, j’ai déjà calculé que je consomme facilement trop de protéines par jour en me basant sur les recommandations de l’OMS. 😉

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    • Happy Swallow
      Happy Swallow 30 janvier 2017 at 18 h 21 min

      Effectivement, le problème « moral » sera sans doute le même que pour les animaux d’élevage traditionnels. Et je comprends ton point de vue et j’imagine qu’il est partagé par un bon nombre de veganes et végétariens.
      Je pense que les personnes étant végétariennes par conviction ont également une sensibilité écologique et biologique qui les pousse à faire attention à la provenance de leurs achats. Néanmoins, je connais bon nombre de personnes qui arrêtent de consommer de la viande mais achètent malgré tout des produits végétariens industriels (et d’origine plutôt lointaine), du poisson et des cosmétiques non cruelty free.

      Ceci dit, il existe aussi des alternatives au soja (notamment les légumineuses). Je connais une petite startup s’étant mise sur ce créneau et bientôt vendue dans les magasins Biocoop. Elle propose des alternatives à la viande, sans soja et en respectant les apports nécessaires à la santé humaine.

      Merci pour ton commentaire en tout cas 🙂

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  • Amy Lee 5 février 2017 at 9 h 56 min

    Brrr ! J’ai la phobie des insectes, morts ou vifs, alors je ne m’imagine pas en manger. À moins que la famine s’installe un jour par chez moi, et encore…
    Concernant la consommation de produits locaux, je suis tout à fait d’accord sur le fait que c’est une habitude à privilégier. Encore faut-il avoir le choix… En Europe, va encore, mais ceux qui vivent dans les îles et qui souhaitent garder une alimentation variée et équilibrée n’ont souvent pas d’autres choix que de consommer bon nombre de produits importés, pour la simple et bonne raison que la production locale est extrêmement limitée. Et puis il faut voir la tête des légumes, qui ne sont pas justes “moches” d’ailleurs, mais également insipides :/ Pour le reste, je ne vois pas de “meilleure” solution que de nous tourner vers les produits de nos voisins les plus proches, mais ça reste polluant…

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    • Happy Swallow
      Happy Swallow 7 février 2017 at 12 h 54 min

      Effectivement, cela suppose de pouvoir se le permettre… Pour les personnes ayant une maison, on peut envisager un petit jardin, mais pour les autres, c’est plus compliqué.
      Beaucoup ont la phobie des insectes et il est vrai que je n’ai pas pensé à ces personnes en rédigeant mon article, et pourtant, je comprends bien ta réaction !
      En tout cas, merci d’avoir pris le temps de commenter 🙂

      Bises

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